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nerf vague et café

Le café stimule-t-il votre nerf vague ?


Nerf vague et café/caféine

Voilà un sujet sympathique et bien intéressant. Le café est un breuvage qui contient bien-sûr de la caféine, mais aussi, entre autres, des anti-oxydants et du potassium. Le café peut aussi être un moment de pose, de partage social. Alors le café favorise -t-il ou réduit-il l’action du nerf vague ? Est-il bon à la santé ? Voici des éléments de réponses.

Tout d’abord de manière générale, sachez qu’il est possible de trouver dans la littérature scientifique à peu près tout et son contraire concernant le café. Ainsi, si l’on ne cite que les études qui vont dans un certain sens, on pourrait présenter le café, références à l’appui, comme une panacée. Cette présentation est cependant partiale. En effet, une étude scientifique de synthèse réalisée en 2017 (1) et révisant de nombreux articles scientifiques (et pas seulement ceux qui concluait à des effets notoires) a simplement conclu prudemment que les preuves existantes à cette date sont (juste) observationnelles et que des essais contrôlés randomisés seraient nécessaires pour trancher avec certitude et totale rigueur.

La même étude concluait au final que la consommation de café semble sans danger dans le cadre d’une consommation raisonnable, sauf pendant la grossesse et chez les femmes à risque accru de fracture (ostéoporose). Enfin concernant le décaféiné aucun risque pour la santé n’a été trouvé (privilégier par sécurité les cafés décaféinés par vapeur plutôt que par solvant). Le café agit par ailleurs sur l’humeur et augmente toujours l’énervement et l’agitation. Il peut provoquer des maux de têtes, voire en cas de fortes consommations, des insomnies.

Cela étant dit, bonnes nouvelles, les résultats disponibles (mais qui doivent être vérifiés par des études plus ciblées encore) (2) indiquent que des apports de trois à quatre tasses par jour réduiraient la mortalité toutes causes confondues, y compris la mortalité cardiovasculaire et le risque de développer des maladies cardiovasculaires. La consommation de café semble également associée à un risque plus faible de plusieurs cancers spécifiques (notamment du foie et du colon) et de troubles neurologiques (maladies dégénératives de type Alzheimer et Parkinson et dépression), métaboliques (obésité et diabète mais ce n’est peut-être moins évident) et hépatiques (maladies du foie). 


Le café permet aussi de tenir en cas de privation de sommeil et de moins sentir les douleurs. Petit bémol certaines études ont montré que la consommation de café (surtout le café non filtré) entraînerait une élévation du niveau de cholestérol dans le sang. Cependant, cette élévation n’est pas associée à une augmentation de risques et de décès suite à de maladies cardiovasculaires.

Revenons brièvement sur deux soucis causés par le café et évoqués plus haut. Ils concernent les femmes enceintes et les femmes à risque d’ostéoporose. En effet, dans certains cas, durant la grossesse  (notamment une forte consommation), le café pourrait avoir des effets négatifs sur le développement de l’enfant notamment une réduction de son poids à la naissance (8) et des altérations de sa respiration se poursuivant à l’âge adulte. Prudence donc. Concernant, la solidité des os, il est établi que la café  (via la caféine) réduit l’assimilation du calcium et donc peut accentuer la perte de masse osseuse (5).

En dehors de ces deux « défauts » et le fait que le café nous rend plus excité et nerveux, cette boisson nous permettrait de vivre plus longtemps. A quoi serait dû ces actions ? Passons en revue quelques composantes du café :


1/La caféine est excitante pour le système nerveux

café et nerf vague excitant

Pour dire les choses simplement disons que pour nous exciter elle nous empêche de nous sentir fatigué. Elle inhibe en effet l’activité les récepteurs à adénosine (précisément A1 et A2A.) . Dans le cerveau, ces récepteurs s’activent en cas de fatigue et vont provoquer l’endormissement.  La caféine bloque en partie ces récepteur et nous permet ainsi de tenir éveillé plus longtemps. En agissant aussi sur ces récepteurs au niveau cardiaque, la caféine provoque aussi un effet stimulant et une augmentation du rythme cardiaque. Cet effet « dopant » n’est pas du type anti-inflammatoire, au contraire, les signaux seraient plutôt pro-inflammatoires.

 

Visiblement, rien n’étant jamais tout noir ou tout blanc… même le café (!), la caféine agit aussi comme inhibiteurs de la phosphodiestérase, ce qui produit par contre des effets anti-inflammatoires qui peuvent aider par exemple les personnes asthmatiques.

Cette molécule est d’autre part activatrice de la respiration et du métabolisme des graisses. C’est elle qui permet aussi de modifier le seuil de la douleur et permet au café fort de nous rendre ainsi plus « résistants ». 

La caféine ralentirait la formation de plaques amyloïdes, ce qui expliquerait sont effet protecteur vis-à-vis de la maladie d’Alzheimer.

 

 

L’un des points faibles de la caféine est qu’elle « aggrave le diabète ». Précisément, si vous manquez d’insuline ou souffrez d’une résistance à l’insuline, la caféine augmentera votre glycémie. Cependant, il existe dans le café d’autres substances (toujours présentes dans le décaféiné d’ailleurs) qui compensent cet effet néfaste.

La caféine provoque une contraction des vaisseaux sanguin du cerveau, ce qui est une réaction tout à fait comparable à celle provoquée par la plupart des stress et l’adrénaline (= le messager du système nerveux excitant). Une étude (3) suggère que la caféine possède même une action inhibitrice sur l’acétylcholine estérase (en lien directe avec le neuro transmetteur du nerf vague). Définitivement la caféine n’est donc pas stimulatrice du nerf vague.

molécule de caféine

L’un des points faibles de la caféine est qu’elle « aggrave le diabète ». Précisément, si vous manquez d’insuline ou souffrez d’une résistance à l’insuline, la caféine augmentera votre glycémie. Cependant, il existe dans le café d’autres substances (toujours présentes dans le décaféiné d’ailleurs) qui compensent cet effet néfaste.

 

La caféine provoque une contraction des vaisseaux sanguin du cerveau, ce qui est une réaction tout à fait comparable à celle provoquée par la plupart des stress et l’adrénaline (= le messager du système nerveux excitant). Une étude (3) suggère que la caféine possède même une action inhibitrice sur l’acétylcholine estérase (en lien directe avec le neuro transmetteur du nerf vague). Définitivement la caféine n’est donc pas stimulatrice du nerf vague.

Remarque : la caféine peut interférer fortement avec certains médicaments, notamment pour certains troubles nerveux.  Par exemple, la caféine réduit l’action du lithium et renforce l’action de la clozapine,(alors que le tabac via ses hydrocarbures aromatiques renforce l’action de ce médicament).  Il est intéressant de tenir compte de ces interactions puissantes si vous ou des proches suivez ce type de traitement, car des jours sans ou avec café peuvent à eux seuls induire des changements d’états profonds


2/ Le café c’est aussi un cocktail complexe d’anti-oxydants (4)

Cet apport en antioxydants de la part du café (notamment en acide chlorogénique) est précieux pour aider le corps à contrôler le stress oxydatif. Ce stress imperceptible à notre conscience n’en est pas moins un facteur majeur du vieillissement et d’élévation de l’inflammation globale. Le café (caféiné ou non) aide le corps à s’en protéger.  Ce qui explique certainement une partie de ses bienfaits. 

3/ Le café est amer

Le café est une des rares choses que nous ingérons et qui possède au gout amer. Or certaines études suggèrent que les produits amers peuvent améliorer les performances et également donner le signal à notre cerveau que l’organisme est prêt à l’action (2) . A défaut ou en plus, vous pouvez mâcher un tout petit morceau de racine de gentiane…

 

4/ Le café possède aussi une dimension sociale et conviviale

 Prendre un café, peut être un moment de pause et de convivialité. Bavarder (sur des sujets positifs !), se poser un moment pour savourer une boisson et se voir sourire les uns les autres, voilà qui favorise bien-sûr l’activité du nerf vague

4/ Le café apporte certains des sels minéraux (et en fait perdre d'autres)

Le café est très pauvre en sodium mais il apporte du potassium. C’est peu connu, mais le café (y compris le décaféiné) et aussi la chicorée d’ailleurs sont des boissons riches en cet élement. En consommer quelques tasses contribue à atteindre les apports conseillés en potassium. Cela dit, ne comptez pas uniquement sur le café. j’ai fait un petit calcul et estime qu’une grande tasse apporte 50 mg de potassium.  (pour rappel, les apports recommandés sont de 3500 mg par jour). Par contre rappelons que la caféine ( dès que l’on dépasse trois tasses de café par jour) entraine une perte importante de calcium.

4/ Alors, coffee or not coffee ?

Je crois qu’il est intéressant justement de ne rien fermer, de rester souple, de laisser ouvert aux envies de chacun. Si vous buvez du café et vous sentez nerveux et facilement irritable, réduisez et/ou passez au décaféine. Si tout va bien et que vous aimez le café, pourquoi cessez d’en boire raisonnablement ? Sauf si vous attendez un enfant ou souffrez d’ostéoporose.

Notez que le décaféiné n’a aucun effet négatif connu sur la santé. Il est identique au café avec les effets (positifs et négatifs) de la caféine en moins. Le décaféiné est donc en théorie meilleur en cas de diabète, mais n’offrira pas de protection vis-à-vis des maladies neurodégénératives.

Et concernant le nerf vague ? Le café comprend des composantes excitantes et inflammatoires et d’autres apaisantes et anti-inflammatoires. Au final, le bilan semble à peu près équilibré. Le café (caféiné) n’est donc au final ni un stimulateur ni un inhibiteur du nerf vague. Par exemple, une étude (6) vient de montrer en quelque sorte que si vous pratiquez la cohérence cardiaque (qui peut être un moyen de mesurer en partie l’activité du nerf vague), vous n’améliorerez pas votre indice en buvant du café.

En conclusion : la caféine est une manière d’augmenter les performances du corps basée sur l’activation du système nerveux excitant. C’est un dopant. Il ne rend visiblement pas malade (mais attention à la fuite du calcium), mais nous fait vivre plus crispé et sur le qui-vive. Cette boisson est en ce sens fort dans l’idée occidentale que la performance nécessité la mise en état de tension.  Je ne dis pas que ce duo est inexact mais… il est possible d’être encore plus performant en optant au contraire pour la non-tension.  Hyperperformance rime alors avec adoucissement intérieur et (donc) stimulation du nerf vague.  Certains champions exploitent ce levier inattendu en méditant par exemple juste avant de compétiter et… ils gagnent !

Et si vous doutez encore, voici une preuve, tout à fait à propos. Il s’agit d’une étude qui a comparé   les effets de la caféine et de stimulation du nerf vague (par voie électrique) sur les performances mentales en cas de privation de sommeil (7). Il est apparu que la caféine était efficace, mais que la stimulation du nerf vague était plus efficace encore pour ses effets anti- fatigues et le maintien des performances mentales. CQFD !

Donc si vous voulez accroitre votre vitalité, avec ou sans café, prenez quelques minutes pour coach-respirer !

Références :

1/Poole et al.  Coffee consumption and health: umbrella review of meta-analyses of multiple health outcomes. BMJ. 2017 Nov 22;359:j5024.
2/ Rodak et al. Caffeine as a Factor Influencing the Functioning of the Human Body—Friend or Foe? Nutrients. 2021 Sep; 13(9): 3088.

3/Javelot et al. Another possible mechanism of caffeine’s action on the nervous system is inhibition of the neurotransmitter acetylcholinesterase (AChE). Encephale. 2020 Jun; 46(3): S14–S34.

4/Nemzer et al. Quantification of Major Bioactive Constituents, Antioxidant Activity, and Enzyme Inhibitory Effects of Whole Coffee Cherries (Coffea arabica) and Their Extracts. Molecules. 2021 Jul 16;26(14):4306.
5/Coronado-Zarco. Reply on « Coffee consumption and bone health: A risk assessment »  Osteoporos Sarcopenia 2020 Mar; 6(1): 34–35.
6/Mendes de Oliveira et al. Coffee Consumption and Heart Rate Variability: The Brazilian Longitudinal Study of Adult Health (ELSA-Brasil) Cohort Study. Nutrients. 2017 Jul; 9(7): 741.

7/McIntire et al. A comparison of the effects of transcranial direct current stimulation and caffeine on vigilance and cognitive performance during extended wakefulness. Brain Stimul. 2014 Jul-Aug;7(4):499-507.

8/ Gleason et al. Maternal caffeine consumption and metabolism and neonatal anthropometry in the NICHD Fetal Growth Studies. JAMA Network Open. 2021

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